05 Août

Échos

J’ai crié.

J’ai crié haut et fort.

Contre moi. Contre toi. Contre tu, il, nous, vous, ils.

J’ai décidé de faire à ma tête et maintenant, tout ce qui me revient, ce sont les échos des mes cris que j’ai abandonnés. J’ai des détails laissés derrière, ou encore des gestes posés qu’on assume plus ou moins et dont on a pas réussi à expliquer tout à fait. La poussière retombe sur les meubles témoins du temps qui filent, et mes mots, mes excuses rebondissent dans le vide comme l’écho dans un manoir abandonné, celui de la honte.

Tu as brassé beaucoup de choses, pour le meilleur, et parfois pour le pire. Tu as trahi, de nombreuses fois, tu pensais avoir appris. Tu as promis et tu as brisé des confiances. Les explications sont toujours futiles, même si elles sont toujours évocatrices d’une situation complexe.

Il apprend à vivre, à se refaire, à se reconstruire, mais elle, elle a déjà sa fondation, déjà un parcours. Il, malgré les faits, a toujours dit ce qu’il ressentait au plus profond de lui-même, parce qu’il est capable d’aller au plus profond de la grotte pour en sortir ce qui brille le plus. Il est aussi, malheureusement, capable d’éteindre la lumière qui guide pour sombrer dans ce qui étourdit, ce qui étouffe, ce qui blesse.

Nous voulions aller aux étoiles, les décrocher, les ramener avec nous et les partager sur ce balcon qui a été un tendre endroit d’échanges, de rires et de sushis. Nous n’étions simplement pas au même endroit au même moment. Nous souhaitions êtres synchronisés, mais au fil du temps, nous ne sprintions pas à la même intensité.

Vous avez assisté, vous avez supposé, vous vous êtes fait une idée, sommaire somme toute. Vous avez été témoins, souvent confidents. Confidents de moments, de malaises, de mensonges, de bonheurs et d’authenticité. Vous saviez que c’était peut-être possible, peut-être impossible et vous avez assisté, dans la neutralité qui vous était demandée.

Ils se sont perdus en cours de route, ils se sont aimés, malgré les trahisons, les promesses, les attentes, les litres de larmes. Ils se sont aimés, ils s’aiment forcément encore, malgré tout, un peu. Car c’est ainsi. Et ce qui a été fait n’enlève en rien à ce qui est arrivé. Elle a crié. Elle a crié fort car mes échos lui sont revenus. Car tout ce qui me reste, ce sont ces sons qui me rappellent qui j’étais il n’y a pas si longtemps dans les faits, mais dans ma perception du temps, me semble il y a des milliers d’années.

J’espère un jour, que tu pardonneras ces échos d’une autre personne qui te blessent, t’écorchent et t’anéantissent, encore.

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