La machine est repartie…

Peu de mots peuvent décrire le sentiment qu’on peut ressentir lorsque « la machine est repartie ». Je m’explique.

Nous avons eu le feu vert pour la production de Temps Mort ainsi qu’une date de sortie. Le décompte est en marche et soudainement, tout gravite autour de cela. C’est maintenant le soleil de mon système solaire. Ironique quand il s’agit d’une série sur l’hiver et le froid… Bref, trêve de métaphores!

J’écrivais cela car c’est hallucinant de voir à quel point tout prend une autre dimension lorsqu’un échéancier est approuvé. Surtout pour un projet de cette envergure. Plusieurs pensent qu’il ne s’agit que d’une « websérie ». En partie, oui, c’est vrai, c’est cela. D’un autre côté, dans les prochains mois je vais également réaliser mon deuxième long métrage. Il y a 10 ans, la définition d’un « film » était claire. Aujourd’hui, avec tous les médiums de diffusion, les types de financement et les moyens pour y arriver, comment réellement définir ce qu’on fait? La 2e saison de Temps Mort est maintenant disponible sur Illico Sur Demande en format long métrage. Est-ce un film? J’ose croire que oui. La manière dont nous tournons et réalisons ce projet est dans la même veine qu’au cinéma. C’est pourquoi lorsque je dis que « la machine est repartie », ça signifie également que j’ai du pain sur la planche et pas juste un peu. Les prochains mois seront très occupés, mais Ô combien stimulants.

J’ai l’impression que nous avons sous les mains un scénario de béton qui nous servira de base très solide. De là, il ne suffit que de se laisser submerger par l’histoire. On ne voit présentement que la pointe de l’iceberg…

À suivre… !

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Dernière réalisation : « Cents Pas » de Joëlle

Ma dernière création. Bonne écoute.

Joëlle – Cents Pas (2011):

Vidéoclip réalisé pour Joëlle (myspace.com/unejoelle).

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Un pilier de la politique vient de s’effondrer – Merci Jack!

Les nouvelles nous ébranlent souvent.

Elles nous ébranlent encore plus lorsqu’elles nous concernent moindrement.

J’ai été de ceux qui sont passé de bleu à orange aux dernières élections. Malgré ma position forte en faveur de la souveraineté, j’avais compris qu’au-delà de l’idéal d’un pays nommé Québec, il y avait des causes sociales que je jugeais plus importantes et un combat pour l’instant plus décisif, soit de stopper Stephen Harper. Vous me verrez défendre la langue contre tout et l’idée de travailler pour un Québec souverain, mais à ce moment-là de l’histoire, j’avais décidé d’ouvrir un parenthèse néo-démocrate. Et je ne le regrette pas. Comme la plupart de mes ami(e)s concerné(e)s par la politique, la vague orange du NPD représentait une façon de s’exprimer et de faire une différence. Au-delà de tout, je crois que je suis un gauchiste naturel qui croit davantage aux valeurs sociales et à un gouvernement du peuple pour le peuple. Comme beaucoup, j’aimais l’image publique de Jack Layton : un homme sympathique, rassembleur et avec derrière lui un programme pour aider la société. C’est presque utopique et d’une certaine façon, croire en quelque chose de meilleur fait du bien.

Voilà une semaine environ que je demandais à ma copine si c’était mauvais signe de n’avoir aucune nouvelles de M. Layton. Je crois que j’ai eu une réponse à mon questionnement. Ce qui me rend triste, mais qui me rend très heureux, c’est de savoir qu’il aura propulsé son équipe à un niveau jamais atteint auparavant et que malgré la maladie, il s’est battu pour ce qu’il jugeait de meilleur. Jusqu’à la fin, il aura pensé à son héritage et comment il pouvait influencer pour le mieux le monde en nous écrivant une dernière lettre particulièrement touchante.

Nous pouvions très bien ne pas être d’accord avec sa façon de voir les choses, il demeure que nous avions devant nous un combattant dévoué à sa cause et qu’il allait au front faire son job avec amour. En politique, des passionnés il y en a certes, mais des exemples , je les cherche encore.

Reste en paix Jack Layton, tu m’inspires beaucoup et tu m’as redonné le goût de changer le monde, et ça, il n’y a pas de prix.

Merci.

Jack Layton (1950-2011)

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Signes de vie…!

Après déjà plusieurs mois, voici enfin une mise à jour. J’ai été grandement occupé par beaucoup de projets (écriture, ouverture du bureau de ma compagnie, publicités, etc…) et je n’arrivais pas à sortir de ma paresse (très justifiée!) pour mettre à jour mon site personnel. J’en ai donc profité pour faire une mise à jour générale qui est d’ailleurs toujours en cours. À surveiller bientôt, une nouvelle démo de réalisateur. Ma dernière remonte à 2009! Il y a déjà très longtemps.

Présentement, je travaille à l’écriture (encore) de la 3e saison de Temps Mort avec l’aide de mes comparses (Julien, Mario et Félix) et sous la supervision de Jean-François Rivard (série télé Les Invincibles) à Radio Canada. Je suis également sur plusieurs projets de publicités avec La Cavalerie. Tout décolle rapidement, surtout en ce moment!

En attendant les prochains mises à jour, je vous laisse sur les photos de mon plus récents film, le vidéoclip « Cents Pas » de l’artiste Joëlle Saint-Pierre. Mise en ligne le 23 août prochain lors d’un spectacle au Divan Orange.

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35 000 km plus tard, 2010 l’année des voyages

En date du 31 décembre, j’aurai à mon compte près de 60 jours dans une chambre de motel au total pour 2010. Je vis donc à temps partiel dans une valise. Du moins, ce fut le cas cette dernière année.

Au courant de ces 365 jours, les voyages ont commencé par un voyage familiale qui m’a fait découvrir une première fois Las Vegas, le Grand Canyon et Los Angeles. Boston quelques jours plus tard pour un match de basket ball. Puis, il y a eu le tournage de la série Temps Mort qui nous transporté un peu partout dans les Laurentides (Marco a enregistré près de 3000 km au compteur du véhicule qu’on avait loué!). Par la suite, il y a eu notre road trip autour des Etats-Unis de 7 semaines et le contrat de Telus autour du Québec de 5 jours pour un total de 2500km! Ce voyage nordique vers Fermont et le Labrador termine cette année 2010 en beauté. Donc, notre vie se résume à bâtir des projets de cinéma et de voyage et j’en suis très fier. Ça permet de grandir de façon sporadique et surtout, de contribuer de façon honnête, authentique et avec respect à notre monde. En comprenant moindrement toutes ces réalités, la compréhension de ces contrastes sociaux, politiques et environnementaux est plus facile. Donc, le jugement rapide du type « noir et blanc » est souvent de plus en plus nuancé. Il y a maintenant des zones de gris qui m’obligent à tenir compte de bien des facteurs avant de porter une critique ou de me faire une opinion.

Je crois que je me dois aussi de vous faire part de mes coups de cœur. Une façon simple de faire le bilan de ce qui a été écrit ici même au cour des derniers mois.

Top 10 – Lieux :

1 – Dante’s Views, Death Valley, Californie
Offrant un panoramique incroyable et une vue sur Badwater Bassin, un lac assèché dû à la température qui y fait (40 degrés en moyenne!), le sommet de Dante’s View se situe de à 2000 mètres. Au coucher du soleil, l’air est frais et les couleurs qui se mélangent sous nos yeux ne sont pas descriptibles. J’en susi désolé, vous devez vous y rendre avant de mourir.

2 – Monument Valley, Utah
Un coup d’œil aux films westerns et on comprend très bien pourquoi ce lieu amérindien est si mythique. Ces « monuments » de roche sortant de nul part semblent avoir été placé pour le grand plaisir de nos yeux. Pour la roche rouge, les points de vue à couper le souffle et son coucher de soleil unique, Monument Valley devrait être à égalité avec Dante’s View. Un incontourable.

3 – Grand Canyon, Arizona
Après l’avoir fait en hélioptère en janvier dans une setion plus aride, on en a profité en juin pour l’explorer à pied lors d’une randonnée. Près de 500 mètres plus bas, notre vue sur cet ancien fleuve près de 18km de large nous fait sentir bien petit dans nos souliers. La roches rouge ici, orange là, brunes là-bas et devenant bleue des kilomètres plus loing dû à la pression atmosphérique fait de ce parc national une des merveilles du monde. Avoir eu un peu plus de temps, il aurait été fort agréable d’y passer la nuit. Une prochaine fois!

4 – Prismatic Spring, Yellowstone NP, Wyoming
Après des heures de route dans le Wyoming, on passe par le magnifique Grand Teton NP (voir plus bas) et on continue une autre bonne heure avant d’aboutir à ces étangs d’eau chaude et de couleurs saturées. Les geysers et ces sources d’eau fumante sont uniques en Amérique. La pareil peut se retrouver qu,en Islande et en Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit du parc national le plus populaire des Etats-Unis, mais attention aux touristes… trop nombreux à mon goût!

5 – Traversée du Nouveau-Mexique
On me demande de partir demain pour une virée sur les routes du Nouveau-Mexique et vous ne me verrez pas hésiter une seconde. C’est sûrement dans mon top 5 des états à visiter dans ce grand pays. Chaque bout d’autoroute nous offre des tableaux si différents. Là des ravins, ici un désert et un peu plus loin, un canyon. Le tout sous l’influence amérindienne et ponctué de charmantes petites villes (Taos, Santa Fe), le Nouveau-Mexique est un paradis pour les amoureux de la route.

6 – Traversée de la Caroline du Sud
Destination surprenante, je l’avoue. C’est certain que si on se confine à suivre l’autoroute 95, on manque tout. Notre quête des lieux du film Forrest Gump nous a permis de rentrer dans la profonde Caroline du Sud. Là où les touristes ne se rendent généralement pas. On a pu y trouver ces grands terrains de plantation, des allées d’arbres touchant le sol (comme l’entrée vers la maison de Forrest Gump), les ruines d’une ancienne église et de nombreux petits villages quasi abandonnés et figés dans le temps.

7 – Grand Teton National Park, Wyoming
Le meilleur préliminaire au Yellowstone National Park (voir plus haut). Simplement la vue sur ces pointes de montagnes impressionnantes qui atteignent les 4000 mètres de haut. Je n’avais jamais vu les rocheuses et j’aurais resté des heures près du lac turquoise à admirer le tout. De plus, je suis bien fier de savoir qu’un Québécois nomma ces montagnes « Grand Téton » et que le nom soit resté sans que personne ne se pose la question. Je verrais bien mal une montagne au Québec s’appeler « big tits »… Québec 1 – USA 0.

8 – Traversée de la route 500, Churchill Falls, Labrador
Simplement pour voir la forêt Boréale descendre pour atteindre la taïga puis la toundra et se sentir tout petit sur une route au milieu de nul part, ce sont les raisons de s’y rendre. L’hiver, il n’y a pas de couleurs, tout est fait de blanc, de gris ou de noir. C’est unique en son genre cette route. Il faut évidemment en profiter pour arrêter sur le bord de la route et laisser le silence de la nature nous envahir. Idéalement, une tempête de neige vient simplement augmenter de 10 l’expérience. Un « trip » nordique à prévoir!

9 – Baker Beach et Golden Gate Bridge
Je ne vais pas m’étaler sur cette plage mythique et sur la vue qu’elle donne sur le Golden Gate Bridge. Je crois que tout le monde sait que je suis vendu d’avance à San Francisco. Aussi bien ne pas en rajouter. Faites vos recherches et partez!

10 – Big Sur et la Highway 1, Californie
Une route serpentée longeant l’océan pacifique traversant le brouillard ici et là et montant parfois à 1500 mètres d’altitude… si ça ne vous convainc pas, hé bien, chacun ses goûts. C’est à refaire et à refaire.

Top 10 – Expériences mémorables :

1 – Grande finale de la NBA à Los Angeles, Californie
Jamais 2 sans trois, ce 7e match de la finale de la NBA (mon sport à moi!) fut mon troisième et le plus intense. Les planètes se sont enlignées pour moi. Nous sommes arrivés la veille à Los Angeles et étrangement, alors que Boston (mon équipe à moi!) s’enlignait pour gagner au 6e match, ils l’ont laissé aux Lakers pour permettre ainais un 7e match et me permettre pour une somme (je l’avoue en maudit!) faramineuse d’y assister et de vivre de quoi d’unique. Ce qu’on appelle en anglais « one in a lifetime ». J’ai assisté à la confrontation ultime entre deux équipes légendaires. Je peux mourir en paix.

2- Sur les lieux e Forrest Gump, Caroline du sud
Le film est reconnu pour explorer le pays en entier. Si vous êtes moindrement fan, prenez une carte et visitez les lieux de tournage, le plaisir du voyage est doublé!

3 – Tour de chaloupe dans les swamps, Louisiane
La Louisiane a elle seule vaut le détour, mais un tour de chaloupe avec un cajun comme guide qui nous parle avec ce dérivée de la langue française pour nous faire découvrir ce qu’est une swamp (sa faune et sa flore) marque un point fort du voyage autour des Etats-Unis.

4 – Bourbon Street, New Orleans, Louisiane
Décadence et absurdité. À voir et vivre une fois dans sa vie pour voir l’autre côté des Etats-Unis… alcool, musique cajun et touche-pipi un peu partout, tout la nuit, tous les soirs.

5 – Studios Warner à Burbanks, Californie
47$ je crois. L’envers des décors. Vous aimez le cinéma? Un incontournable.

6 – Fête des 40 ans de la Parade Gaie à San Francisco, Californie
Parce que pour ça aussi, on pourra dire qu’on y était quand c’est arrivé.

7 – Vol d’hélicoptère au dessus de Montréal (Tournage de Temps Mort);
Voir ta ville natale comme jamais tu ne l’as vu te permet de l’apprécier encore plus. Une expérience que je chéris particulièrement et que je recommencerais religieusement chaque anneé, si ce n’était pas du prix…

8 – Apprendre la sélection de Temps Mort au Gémeaux dans un McDonald’s de San Diego, Californie
Le titre dit tout. Moment aussi absurde qu’unique. Grand moment professionnel.

9 –  Spectacle de « Love du Cirque du Soleil» , Las Vegas, Nevada

10 – Tournage d’un documentaire improvisé sur notre route vers Fermont;

Top 5 – Moments lugubres :

1 –  Visite express de Tijuana, le bordel des États-Unis, Mexique
2 – Motel vraiment dégueulasse « El Crapo » de Savannah, Georgie
3 – La ville étrange de Los Alamos, Nouveau-Mexique
4 – Se faire agresser par un Fermontois sur la coke et saoul, Fermont
5 – Dérapage dangereux + 2 straps de moteur qui lâchent sur La Route 389 vers Fermont.

Top 5 – Quétaine :

1 – Faire jouer du Joe Dassin dans le bar de danseuses Fer Tek, Fermont
2 – La niaiserie de fontaine de Jouvance de St-Augustine, Floride
3 – Entendre de la lecture religieuse à 4 postes de Radio en rentrant à Dallas, Texas
4 – Reproduction du « Old Town » de San Diego et de son &?*&%# de zoo… come on!, San Diego, Californie
5 – Danse dans une cabane à sucre cajun au restaurant Randol’s, Lafayette, Louisiane

Top 5 – Meilleurs repas :

1 – Souper Cajun au Randol’s, Lafayette, Louisiane
2 – Steak de Filet Minion de 18oz au Big Texan Steak Ranch, Amarillo, Texas
3 – Sushis au Drunken Sushis à San Francisco, Californie
4 – Chaudière de fruits de mer au restaurant 11th Street Dockside, Port Royal, Caroline du Sud
5 – Gros Burrito trop épicé (mais si BON!) au « Au Petit Prince » à Santa Fe, Nouveau-Mexique
et… 6 – Crème glacée sur la rue Chestnut à San Francisco, Californie!

Top 5 – Villes à voir absolument :

1 – San Francisco, Californie
2 – Savannah, Georgie
3 – Santa Fe, Nouveau-Mexique
4 – Las Vegas, Nevada (pas plus de 3 jours!)
5 – San Diego, Californie

Top 5 – Villes ennuyantes :

1 – Lafayette, Louisiane
2 – Fermont, Québec
3 – Dallas, Texas
4 – Park City, D.C.
5 – Las Vegas, Nevada (après 3 jours!)

Mais la base même du bon voyage n’est pas la préparation ou même l’endroit, c’est bien la compagnie. Quand on peut partager ces moments magiques avec des ami(e)s, le réel plaisir se décuple et toute l’énergie commune (appelez ça comme vous voulez, le chi, l’aura, je sais pas!) s’additionne et ça fait de ces moments des souvenirs qui rendent la vie aussi belle que dans les films! Merci Simon, Félix, Marco, Marie-France et Mia d’avoir fait ce chemin de vie avec moi!

Bonne année 2011, en espérant que ce journal vous inspire vous aussi à vous laissez aller et de profiter du monde qui nous entoure. Merci de m’avoir lu.

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Adieu Fermont, bonjour la Route 389

20 décembre: Le réveil se fait de très bonne heure (7h00 a.m.) pour ce dernier matin à Fermont. Après un déjeuner consistant (le déjeuner de « trucker » classique), on s’attaque à quelques entrevues avec la personne responsable du magasin de tourisme et puis avec François Trahan, un homme vivant à Fermont depuis 30 ans, fier de sa ville et photographe de loisir. Ça nous permet de partir avec une vision positive de la ville et des gens y vivant. Ça fait du bien car on commençait à se faire une vision assez étroite de l’endroit et ça nous déprimait. Ce nouveau point de vue vient mettre un peu de couleur dans ce décor noir et blanc figé dans le froid. Après un dernier tour du mur, je fais le tour pour prendre des plans de coupe et d’inserts et je prends le volant de la voiture en direction de Chicoutimi, à 12h de route.

Comme à notre arrivée, il neige et la route est glissante. Cette fameuse Route 389 s’annonce longue et avouons-le, chiante. à 100km de Fermont, après avoir roulé à plusieurs reprises sur des endroits ayant plus de quelques centimètres de neige, le volant se raidit et la lumière de la batterie apparaît. Je décide d’arrêté. Je crois qu’il y a trop de neige entre les roues. Ça me me semble bien. Je me couche, question de regarder sous le moteur et vision d’horreur: la courroie du moteur est débarquée. J’ouvre le capot et je constate le dégât. Heureusement, elle est seulement débarquée et non coupée en deux. Cependant… comment que ça se replace cette foutue chose?  J’tente ce que j’peux, mais je réalise que mon manque de connaissance en mécanique est lamentable. Avec les feux de secours sur la van, un camionneur accompagné d’un camion pick-up s’arrêtent et viennent nous donner un coup de main. Deux vieux bonhommes, sacrant comme pas possible avec un charmant accent rappelant celui de Jonquière et de la Gaspésie viennent se les geler après 30 minutes, miraculeusement, nous revoilà sur la route.

Je fais un signe de croix (chose que je n’ai pas fais depuis je ne sais quand…) et je me dis que Fermont ne va pas nous retenir plus longtemps. Félix croyait que nous soyons condamnés à y rester et Simon, hé bien, il angoissait comme d’habitude et moi, j’en riais. Incapable de prendre les situations de ce genre au sérieux car l’esprit stressé, on arrive pas à penser et je me dis, ça pourrait être pire. Et ça aurait pu l’être. On reprend la route, tentant de reprendre le retard. 200km plus loin, le même phénomène se reproduit. J’ouvre le capot à nouveau, même problème. Mais là, il commence à faire noir dehors, il fait plus froid et on a plus l’aide des deux bonhommes. Un camionneur s’arrête à nouveau, mais nous propose de nous faire envoyer une nouvelle courroie de Fermont pour la somme de 1000$ car la nôtre serait brisée. Pas sûr. Je lui dis de partir, qu’on va s’arranger. On commence à penser qu’on quittera jamais Fermont. Qu’on est dû pour avouer que la Route 389 est le diable en personne.

Voyons donc, la courroie n’est pas coupée en deux, il ne suffit que de la remettre en place. Il me faudrait seulement les outils… Note à moi-même: un livre de mécano et quelques outils seraient une bonne chose pour un gars qui a fait 35 000 km cette année! Mais bon, une autre voiture s’arrête et nous dit que nous sommes chanceux, que derrière nous, à 100m, il y a un garage de secours qui s’occupe d’aider les voitures en panne. Sur les 560km de la Route 389, il y a 3 points de relais: le relais Gabriel, le Motel L’Énergie à Manic 5 et ce garage perdu. Quelle étrange chance. Le mécanicien présent, Colin Murray, nous permet d’ajouter du matériel à notre documentaire en plus d’y réparant avec joie notre courroie. 1h30 plus tard, après avoir trouver le plan pour l’installation de la courroie sur Internet, nous revoilà sur la Route. Jamais 2 sans 3, mais la 3e marquera notre arrivée à Baie-Comeau. Les 350km qui nous restent se font avec un arrêt souper léger au Relais Gabriel, puis au Motel L’Énergie et se conclut avec une grande finale à Baie-Comeau, au motel Haute-Rive. Le dernier 2 heures a été si éprouvant: coup de barre, mal de coeur, faim nous qui nous gruge et les courbes enneigées qui nous agressent… il pleut, il neige, il neige-pleut… rien pour nous aider.

On a abandonné l’idée d’atteindre Chicoutimi, il est minuit et des poussières et on vient d’atteindre Baie-Comeau… la route 389 aura pris 12 heures à franchir, au lieu de 6 heures. On en dira ce qu’on voudra, mon autocollant « Route 389 » que j’ai acheté à Fermont pour la somme de 15$ en vallait la peine, cette route est le plus grand défi du voyage. Je pourrai dire fièrement: « J’ai survécu la 389 ».

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Direction Labrador

19 décembre: Le déjeuner se passe au même endroit, soit au restaurant de l’hôtel. Le repas est classique, mais c’est une occasion pour prendre également le pouls des gens de passables et des habitués. Après quelques discussions pour notre documentaire, nous nous préparons pour le grand départ vers la terre mystérieuse de Terre-Neuve, le Labrador. C’est tellement drôle à dire. On s’en va au Labrador. On arrive tout simplement pas à y croire. C’est absurde, jamais je n’aurai pensé me retrouver au beau milieu du grand nord pour le plaisir d’explorer. On en parle entre nous, mais on y croit tout de même pas. On prévoit se rendre au barrage hydroélectrique « Churchill Falls » à 250km au Nord de Fermont. Ce sera donc l’endroit le plus au Nord de notre voyage, mais aussi de notre existence. De plus, le point de vue des anglophones de cette province pourra nous donner du renouveau pour nous mieux agencer notre film.

Il sera inutile de décrire cette virée nordique puisque c’est quelque chose qui se vit. Il s’agit d’une route de quelques heures dans la neige et le froid, mais le spectacle visuel est unique en son genre. Comme on l’a remarqué, tout cette peinture devant nous est faite que de noir, de gris et beaucoup de blanc. On est si habitué d’avoir des feuilles vertes, des voitures de couleurs ou des vêtements rayonnants que cette constatation nous ouvre les yeux sur cette réalité qui est si différente et si belle dans ses contrastes. De plus, au fil que la route avance, la flore de type taïga passe à la toundra qui ressemble à un désert de neige et des petits arbres. Évidemment, cette belle neige et cette atmosphère me permet de faire de beaux plans qui me serviront possiblement pour la 3e saison de Temps Mort!

Au bout de quelques heures, on abouti à Churchill Falls. Pas le barrage, mais la ville. Pourquoi? Parce que ce barrage est visible que sur visite, tout ce qu’on peut y voir est la rivière. Néanmoins, comme je le disais, Fermont est possiblement le Las Vegas plate du Nord (par son côté très tout au même endroit et tout est fait un peu tout croche), la région entre Baie-Comeau et la ville minière ressemble visiblement au Nevada par son manque de vie flagrant et Churchill Falls me fait penser à la ville de Los Alamos, au Nouveau-Mexique. Pourquoi? Je ne sais pas. Peut-être parce que je trouve ça toujours bien étrange qu’une ville voit le jour au milieu de nul part et que sa population y reste pour travailler au barrage surtout. Les rues sont dénudées d’arbres et tout est trop bien éclairés pour un endroit où les gens ne se promènent pas. On a mangé un repas bien sympa. On a discuté avec une fille de la place et également des autochtones et on a réalisé que là-bas aussi, il y a un mur comme à Fermont: Le town center. Là, on y retrouve épicerie, pharmacie, motel, restaurant, école, bibliothèque, la poste, et un grand gymnase. La grande différence: c’est beau et l’architecture est moindrement plus soignée que celle de notre mu « québécois ». Triste. Triste. Triste.

La route du retour est longue et la visibilité parfois est difficile, mais tout se passe sans danger. Après un 2h30 de route, on voit l’enseigne du Québec se dresser et on quitte le Labrador pour de bon. Au tournant pour Fermont, la voiture qui jusque là n’avait pas pas fait de faux pas dérape et nous balance dans le banc de neige. Quelques minutes plus tard, armé de la pelle, des chenille et d’un sympa monsieur de Labrador City, on réussi à sortir la van avec son pick-up et on retourne à notre hôtel.

On va prendre une dernière bière au bar de Fermont, question de pleurer notre départ… on y fait quelques malaises et on regarde le visage des habitués lorsque « Petit au chocolat « de Joe Dassin vient remplacer le hip hop de ‘Lil Wayne au Juke Box. Le mur de Fermont agit sur nous. Après à peine 2 jours, on a l’impression d’y avoir séjournée pour 3 semaines, de connaître les secrets et le monde. On a peur de se retrouver en pleine science fiction. Dans une histoire où 3 jours à Fermotn équivaut à 3 ans à Montréal lorsqu’on y retournera. C’est étrange. Vraiment.

Mais bon, il faut aussi se l’avouer, le tournage de notre documentaire nous oblige à rencontrer les gens et d’échanger avec eux de façon sporadique. Chose qui généralement est peu courant lors d’un voyage conventionnel. Demain, tournage de quelques plans de coupes et départ pour Baie-Comeau.


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Sortir du mur. Fermonter sa vie.

« Sortir du mur. Fermonter sa vie. »

Voici ce qu’on m’a écrit sur Facebook et je l’ai bien ris parce que sincèrement, avec le gris que le mur a, il fait bien se trouver une raison pour agrémenter sa journée…

18 décembre : C’est notre journée sans voiture où nous allons visiter les environs de la ville, notamment le mur long de 1,3 km dans lequel se trouve la plus grande partie des habitants, mais aussi toutes les ressources (épicerie, aréna, école, restaurant, hôtel et le bar Fer Tek populaire pour ses danseuses nues… la classe quoi.

Évidemment, comme tout bon touriste classique de Fermont (et croyez moi, ils ne sont pas nombreux…), on a fait le tour du centre d’achat et des couloirs menant aux appartements dans le mur. C’est laid et triste. à 1300 km de Montréal, tu es confiné à un appartement dans un soit-disant centre d’achat. C’est ce qu’on nomme l’ironie de la vie. Il y a tout dans le mur: écoles, piscines, bowling, aréna, gym, appartement, 2 restaurants, une épicerie, une SAQ, quelques magasins et 2 bars. C’est étrange. Ça se décrit pas et en 30 minutes, bien lentement, tu as fait le tour. Donc, ma question: qu’est-ce qui te pousse à venir ici pour toujours? L’argent n’est pas une bonne réponse dans mon livre.

On quitte le mur pour atteindre le Mont Aviault qui donne une vue sur la ville parce qu’après notre visite du mur, disons qu’un peu d’air frais fera du bien. Il y a beaucoup des neiges et c’est ma première fois dans une forêt de type taïga. Les arbres sont plus petits et on y rencontre que des conifères à l’exception d’arbustes et de bouleaux à papier. La neige est abonnante, au point où tout semble figé dans le temps. J’admet que c’est particulièrement unique en son genre. Une fois au sommet, à 850m et des poussières, le soleil se prépare à ce coucher et nous offre un magnifique spectacle que seules les photos peuvent moindrement vous décrire ce qu’on voyait!

La noirceur tombe rapidement. Il est à peine 16h00 et déjà, le ciel est noir. Directement chambre de l’hôtel pour se changer et relaxer. La soirée se poursuit plus tard au bar-restaurant le Zonyx.  On apprend que la serveuse vient d’arriver à Fermont et elle trouve ça bien chouette. Elle va y rester tant qu’elle est en couple et peut-être même plus longtemps. Elle ne sait pas dans quelle prison elle vient de mettre les pieds. Il y a une minorité visible: un alégrien y travaille depuis 1 mois. Il a vécu à Montréal pendant 6 mois un peu avant. Donc, on parle de quelques mois en Amérique et il est là, présentement, près du 53e parallèle, à Fermont, la ville la plus nordique du Québec. Il va de soit qu’il nous dis qu’il a très hâte de retourner chez lui. Mais bon, son père est géologue et il travaille pour la mine. Histoire rendue quasi-clichée.

À notre sortie du bar, un minier ravagé par l’alcool et la cocaïne (on l’apprendra plus tard) nous agresse lorsqu’il voit qu’on a une caméra. Il ne veut pas être filmé, mais il veut absolument nous dire que « Fermont, c’est de la marde, le monde, c’est de la marde. Y’a de la drogue, le monde est triste et que tout le monde croit que c’est bon, mais y’a aussi le monde tout seul, triste qui vont aux totons le soir. » Âgé de la fin quarantaine, notre bonhomme nous suit sans arrêt, nous harcèle carrément et nous prouve que c’est facile de trouver de la drogue, il nous offre même de la coke en plein dans le centre d’achat en face du bar Fer Tek. On s’enfuit du monsieur en question et on saute dans la voiture pour explorer Labrador City et Wabush la nuit. On débarque à quelques endroits et on réalise qu’au Labrador, ils n’ont pas de mur, mais l’architecture et le paysage des villes est un peu plus beau. On comprend à la limite que des gens aiment cet endroit. On termine la soirée une première fois dans un Tim Hortons et finalement, de retour à Fermont, à l’unique Fer Tek en y faisant jouer en double « Le Jardin du Luxembourg » de Joe Dassin créant ainsi un malaise d’ampleur national. Notre séjour à ce bar « mystiquement » dégueulasse durera quelques minutes. Merci de la vie pour ce beau moment de n’importe quoi.

À peine une journée complète au Mur de Fermont pis disons que j’ai hâte de changer de décor.

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Longue route vers Fermont

17 décembre : Jamais je n’aurais cru possible d’étendre une route aussi longtemps sans le moindre signe de vie. La 389 vient de m’en apprendre. Ce tronçon de route qui fait le seul et unique pont entre Baie-Comeau et Fermont est unique en son genre. C,est sinueux comme pas permis et glacé comme jamais. Il faut dire que la région n’a pas vécu de telle température (frôlant le point de congélation) depuis ils ne se rappellent pas quand. Ce qui fait en sorte que la route est glacée. Un bon nombre de camion n’ose pas s’y aventurer et on a pu se compter un bon nombre d’histoire de camionneur qui ont dérapé. Notre réveil s’est fait tard, vers 11h00. On a avait besoin de sommeil et avec raison. Avant de quitter vers Fermont, on a continuer notre documentaire en s’entretenant avec un bon nombre de camionneurs et de gens de la place à savoir ce qui les attiraient dans cette région et qu’est-ce qu’ils faisaient pour passer le temps. Très instructif et si loin de notre réalité.

Une fois sur la route, le spectacle commence avec le gigantesque barrage Manic 5. C’est à peine croyable ce qui se présente devant nous étant donné l’immensité de la chose. Il neige un peu et le soleil sort partiellement, ça fait de beau paysage, mais la route sera longue car à 50-60km / heure, les 350km qui nous sépare de Fermont sont encore bien loin, vraiment. Les paysages sont beaux cependant car nous est enneigé et le chemin n’est pas droit, il arpente les montagnes, donc les points de vue sont à couper le souffle pour la plupart. Vers 16h00, il fait déjà noir à l’extérieur et on arrête au Relais Gabriel pour s’entretenir avec les gens qui s’y arrêtent. On y rencontre de beaux personnages qui nous en disent long sur l’histoire de la région et sur ce qu’on pourrait prévoir un jour de faire si l’aventure dans la région nous tente à nouveau. Une couple de poignées de main et de grands sourires nous ramènent à nouveau à notre Babel-Mobile cristallisée sous la neige. Le moteur se fait entendre et cette fois-ci, le prochain arrête se fera à la destination. La route est encore plus glissante et glacée. On rencontre des camions arrêtés qui n’osent pas s’avancer davantage dans certaines côtes. Avec le poids de leur machine, un faux pas et c’est perdu. Pour nous, il n’y a pas de problèmes, mais on double les précautions. On remarque la végétation baissée à l’extérieur et plus le temps avance, plus je me demande sincèrement quand on va voir le bout. Vers 21h00, on arrive finalement à Fermont, dans le mur de la ville. L’hôtel est figé dans les années ’70, tout comme l’endroit en général. Demain sera une belle journée pour un « clash culturel ».

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Vers la Côte-Nord…

16 décembre : Réveil à Donnacona et déjeuner avec vue sur le fleuve. La maison de Jacques, l’oncle à Félix, est magnifique et la lumière du soleil donne envie à quiconque d’y déménager pour s’assurer d’un réveil toujours du bon pied. On quitte pour l’est via la 138 vers Baie-Comeau vers 10h00. Il neige encore pas mal, ce qui rend la route à la fois très belle et très glissante, mais hé! J’suis un professionnel!

On évite le détour vers le Saguenay que le GPS tente de nous faire prendre et on prend le traversier pour se rendre à Tadoussac. On prévoyait un dîner au Café du Fjord, mais à notre arrivée, les 3 pieds de neige devant la porte nous force à croire que ce ne sera pas pour aujourd’hui. Il y a 10 ans et demi, je mettais les pieds pour la première fois avec Simon à ce restaurant, plus précisément à l’auberge jeunesse pour un voyage avec l’école. Un voyage que j’ai particulièrement aimé. Donc de voir le tout avec de la neige est un réel plaisir. C’est un peu plus loin, suite aux directives d’un monsieur qui marchait avec la « guédilles au nez » et un accent « bien mâché », qu’on s’est arrêté pour un repas au restaurant Champs Martin. Un panini au menu et un thé, c’était sympa, sans plus. Mais le plus important, c’est que c’est à ce moment que la raison de notre voyage s’est dévoilée à nous: réaliser un documentaire sur notre voyage. On a effectué nos premières entrevues à cet endroit avec des gens de la place et ça motive les troupes. Quelques heures plus tard, à notre arrivée à Baie-Comeau, on débarque sur la belle rue Lassalle pour souper et prendre le pouls du monde de la ville. On débarque au « Grand Hôtel » où tout le monde de la ville y est. On parle un peu avec les gens de la place et on découvre un sentiment d’appartenance important à la région et bien de la méprises face à tout ce qui excède l’endroit: de Sept-Île à Fermont. Les gens rient lorsqu’on mentionne Fermont. Étrange. Mais bon. On se fait rire de nous également, puisque Montréal, « c’est le monde stressé de la ville qui aime le traffic et les petites espaces ». Ha. Ha.

Une fois le repas cher terminé, direction la route 389 vers Fermont, plus précisément, le Motel l’Énergie qui se situe à côté du barrage Manic-Cinq. La route est glissante et il fait noir, mais c’est beau. Très beau. J’imagine que ce chemin le jour doit offrir pas mal de beaux points de vue. Tout comme notre voyage aux États-Unis, on a eu notre passe de chance ou de « bonne manoeuvre » puisque lors d’une courbe, l’épaisseur de neige nous a fait faire un 180 degrés qui nous a arrêté de justesse à 2 pieds de la bordure du fossé. Le coeur nous a arrêté et on s’est mis à rire. Je me donne un peu de crédit puisque j’ai éviter un dérapage qui aura pu être plus intense. Mais bon, tout est bien et rien de tel s’est reproduit. On apprend de nos erreurs, et de nos surprises. Vers 2h00 a.m., on arrive au Motel et on se demande bien « quessé qu’on fout là ». Mais ça, on y répondra demain.

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