Portfolio mis à jour, petit ménage du printemps

Voilà un moment que j’attendais avec impatience : celui de mettre mes affaires à jour. Avec l’épopée de Projet-M (qui se poursuit toujours d’ailleurs, maintenant en distribution), il a été difficile pour moi de me concentrer à la recherche de contrats, il fallait que je révise la présentation de mon contenu. Mais étant donné que j’ai un besoin terrible de me trouver de la job,

Voici donc ma plus récente version de mon portfolio de réalisateur / scénariste pour la fiction, j’espère que cela va vous plaire. Celle pour la pub+corpo est également disponible à son onglet.

Musique :  » Prélude  » l’excellente par Alexandra Stréliski !

Good bye 2013

L’année la plus redoutable de mon existence s’achève. Pis heureusement. En cette période des fêtes, je risque de passer 6 jours et des poussières des 7 jours de la semaine à finaliser Projet-M (man’s gotta do what he’s gotta to do). J’ai essayé de me faire discret ces derniers mois, autant au niveau de mes aventures que de mes projets. On arrive à un moment où la chose qu’on nomme Internet prend visiblement trop de place dans notre horaire journalier et il faut savoir tirer la plug afin prendre du temps pour soi et de se remettre sur pieds. La Toile n’est certainement pas l’endroit idéalement pour aller noyer sa peine, on l’apprend en se brûlant parfois.

Mais malgré tout, Projet-M s’en vient, je suis extrêmement fier du résultat. Je ne pensais y arriver et j’ai très hâte de dévoiler tout ça, en grand.

Prenez soin de vous, yo.

Virée vers le Nord…

Voilà une aventure que Félix et moi parlions depuis quelques années : se rendre à la Baie James. Après s’être rendus à Fermont et au milieu du Labrador en décembre 2010, le seul autre endroit plus au nord et toujours accessible était Radisson et les barrages hydroélectriques. C’est 3 ans plus tard, un peu sur un coup de tête (il faut que ça se fasse ainsi sinon on se trouve 1000 et une raisons d’aller ailleurs) que Félix, Mario et moi prennions la route. Nous avions peu de temps, quelques jours en fait, mais pas de dates de retour de fixées. Aucun motel, il fallait dormir à l’arrache, ce qui a été respecté (pauvre sommeil qui en souffert…). Étrangement, malgré les 3200km, le temps a passé vite et la route a été vraiment agréable!

La route de la baie james est belle, quoique longue (600km avec rien)! Les paysages sont riches, les couleurs sont belles et l’air est frais, ça fait du bien. Notre arrivée à Chisasibi nous a mis un goût bien amer dans la gueule. C’est triste de voir l’état réel d’une communauté amérindienne. C’est sale, c’est pauvre, c’est un ghetto nordique. Je trouve la situation très inquiétante et très invisible dans nos villes du sud. En quittant la réserve, on a continué sur une longue route de terre pour atteindre la baie. C’était beau, calme et si loin de tout que ça compensait pour tout. Une grolsch avec vue sur le Nunavut, c’était réellement le vraie sentiment de se sentir unique sur Terre. Par la suite, nous avons quitté pour rejoindre Radisson, la ville qui est née de la construction des barrages d’hydroquébec. On a installé nos tentes sur un camping de façon illégale et nous nous sommes dirigés au resto (gastronomie hors pair… pita poulet et frites…) et ensuite au bar le Boréal. Joe Dassin dans le jukebox, trois cannettes de Coors light (pas de bière en fût) et la fête était lancée. On a rencontré des locaux et une gang de géologues qui pour la première fois après 3 mois d’isolation dans un chalet dans le bois sortait pour fêter. Le highlight de la soirée après quelques malaises : un cigare et une bière sur la terrasse, on lève la tête et on y voit une aurore boréale (au bar le boréal) ! C’était magique, encore une fois, le sentiment d’être unique au monde.

Le réveil le lendemain s’est fait sous une grosse averse. Félix nageait littéralement dans sa tente. On s’est levé tôt et on est allé mangé au resto pour se faire servir par des locaux qu’on avait rencontré la veille (assez tard) au bar adjacent. Comique tout de même. On a attendu quelques heures puis après nous sommes partis en direction de la centrale Robert Bourassa (anciennement connue sous LG2) pour la visite guidée (gratuite) de 4 heures! C’était LE highlight du voyage. Je ne m’attendais pas à un cour d’histoire, de géologie, d’ingénérie et sur le terrain à ce point. C’est d’une immensité et d’un savoir humain qui me dépasse complètement. Ça vaut les 20 heures de route. Après la visite, c’est le retour sur la route vers le sud, mais on passe par la route du nord (en terre) qu’on nous met en garde puisqu’on a juste une petite chevrolet cavalier. Finalement, c’était joli et tout à fait sécuritaire. Le problème avec le bouclier canadien, c’est que de trouver un endroit plat et sec pour planter sa tente en bordure de route, c’est un défi. On a cherché, on était fatigué et on ne savait plus où mettre la tête. On a fini le stationnement du site des travailleurs d’hydroquébec pour la central Eastman à dormir sur la garnotte… une autre belle aventure… à se faire réveiller par les vents, le froid et quelques chiens qui étaient curieux de savoir qui se trouvait dans le ventre de la tente. On s’est levé, on a bouffé à la cafétéria du relais, on a mis du gas à 1,70$ le litre et on a repris la (magnifique) route vers Chibougamau, puis le lac st-jean et un arrêt à la micro-brasserie La Chouape (délicieuse découverte), puis on a déposé Félix chez son oncle à Donnacona pour revenir à Montréal. Un belle journée de 16 heures de route.

Ça fait du bien de voyager sans se faire d’attentes, sans nécessairement vouloir que ce soit mémorable ou captivant. Juste l’expérience de s’y rendre, à ce moment, avec ces amis en particulier a fait de cette aventure une que j’apprécie et dont je me sens chanceux d’avoir vécu. Parce qu’on se le permet de vivre ainsi. On prend les chemins un peu moins conventionnels et ça nous amène à des moments uniques. Sur la belle carte du Québec, il me reste Natashaquan et Blanc Sablon, à suivre…!

En montage… épisode 4 de M

Projet-M : Montage épisode 4

Quand tu réalises que ce que tu as écris au scénario, puis adapté au tournage se monte de lui-même comme un casse-tête bien pensé, je retombe en amour avec la postproduction. Ça fait du bien à l’égo de scénariste et de réalisateur. Avec Projet-M, je suis loin de Temps Mort. Le rythme n’est pas le même, le point de vue non plus et ce qui en dégage aussi. Certes, j’ai l’impression que mon style n’est pas effacé, bien au contraire, mais j’ai le sentiment d’avoir évité le piège de me répéter, de jouer dans la sécurité. Déjà les gens qui me connaissent n’en reviennent toujours pas de voir autant de dollies et de caméra sur trépied… comme quoi, c’est l’histoire qui t’impose l’approche.

Je suis surpris de voir la légèreté des 3 premiers épisodes. On peut rire, on peut être inspiré positivement par les personnages alors que dans Temps Mort… ça commençait déjà dans la noirceur, le froid (dah) et les problèmes (fin du monde l’oblige…). Pour Projet-M, je termine le montage de l’épisode 4 et il a été le plus difficile à date. Non pas parce qu’il y avait des problèmes, mais bien par sa charge émotive. Je n’avais pas vécu ça depuis un moment, être touché par ma propre histoire et pleurer comme un bébé devant une série de scènes. D’être aussi touchant dans un univers froid et hermétique comme peut l’être notre station spatiale, je trouve que c’était tout un défi. C’était d’ailleurs une de mes craintes : vais-je réussir cette fois-ci là où Temps Mort y arrivait si facilement? On dirait bien que oui.

Par ailleurs, comme j’en discutais avec Mario et Julien, c’est tout de même fascinant de réaliser qu’en bout de ligne, ce qu’on regarde dans ces épisodes se déroulant dans une station orbitale construite avec bien de la sueur et peu de sous, c’est l’histoire de ces personnages et on en oublie presque les décors et les trucages… J’en reviens toujours pas.

Bref, j’y retourne, mon  » render  » est terminé (c’pas comme si j’avais de quoi chômer!).

Ma nouvelle démo!

La dernière fois que je mettais à jour ma démo de réalisateur, c’était au mois d’août 2011… le tournage Temps Mort – Saison 3 n’avait même pas eu lieu. Faut croire que beaucoup de choses se sont passées depuis et que j’ai été (beaucoup trop) occupé. Voici donc ma carte de visite version 2013 à voir dans la section démo!

Islande – Les premiers jours de vacances…

Après des semaines (mais aussi bien être généreux et employer le mot mois) de travail incessant et exhaustif sur Temps Mort, me voilà en vacances. J’ai pris l’avion à l’image de cette fin de projet : tout croche et à la dernière minute. Je pensais avoir au moins une semaine entre mon départ et la remise du dernier épisode… hé non. Si j’ai eu 3 jours, c’est bien généreux. N’empêche, la série s’est bien terminée, les retombées sont positives et me voilà en train d’écrire sous un soleil de minuit à Reykjavik, capitale (ou grand village…) d’Islande. Mon désir de découverte pour ce pays nordique est un peu mystérieux. J’ignore d’où exactement le tout a commencé. Je sais qu’à la base, j’ai une curiosité envers les endroits insolites, nordiques et reculés (voir mon autre intérêt étrange pour la Russie…), mais d’où vient cette motivation à faire quelques milliers de kilomètres pour rejoindre la capitale du 66e parallèle ? J’sais pas. Je connais cependant maintenant un tas de raisons pour y aller.

La sainte paix. La quiétude. Le mode de vie islandais. La nature. Leur musique. Le soleil de 24 heures. Les spas. Et leur langue! Ils sont 300 000 à la parler fièrement et de la chanter.

Les premières heures en Islande sont cependant difficile à avaler. La température changeante (y pleut, y fait soleil, y vente, y fait chaud-froid-tiède), le dépaysement choque (c’est généralement désertique) et le peu de monde. On sort de l’aéroport et on se demande pourquoi on est y ici alors qu’on pourrait être ailleurs dans un tout compris dans l’sud… Après on trouve son motel, on se demande pourquoi on a choisi ça… Y’a pas d’arbres, tout a l’air abandonné… On marche dans la ville, on se force à la trouver belle, mais…

On dort une nuit pis le lendemain, après de rencontres sympathiques avec des designers locaux et des magasins un peu fous (le paradis du souliers mesdames!), après des découvertes musicales renversantes au 12 Tonar en demandant au caissier le nom d’un musicien dont on est incapable de prononcer le nom (voir Hilmar Örn Hilmarsson), après de bons repas, de beaux ciels de coucher / lever de soleil, après avoir demandé comment dire « bonjour » en islandais; ne pas arriver et faire rire le monde par notre effort, après avoir vu un spectacle d’un groupe qu’on aimait déjà à Montréal (voir l’excellent 1860) et discuter avec eux après leur performance (gratuite en passant), après avoir eu un cour de conduite manuel express avec Sverrir (le gars qui gère notre Guest House), après s’être baigner dans une piscine public géante entouré de blonds et de blondes, après ne pas s’en faire avec le temps car on manquera jamais de soleil, il est là 24 heures sur 24…

On fini par tomber sous le charme. Littéralement. J’ai bien hâte alors de continuer. De relaxer. Demain, 1er juillet, on quitte avec une voiture

La machine est repartie…

Peu de mots peuvent décrire le sentiment qu’on peut ressentir lorsque « la machine est repartie ». Je m’explique.

Nous avons eu le feu vert pour la production de Temps Mort ainsi qu’une date de sortie. Le décompte est en marche et soudainement, tout gravite autour de cela. C’est maintenant le soleil de mon système solaire. Ironique quand il s’agit d’une série sur l’hiver et le froid… Bref, trêve de métaphores!

J’écrivais cela car c’est hallucinant de voir à quel point tout prend une autre dimension lorsqu’un échéancier est approuvé. Surtout pour un projet de cette envergure. Plusieurs pensent qu’il ne s’agit que d’une « websérie ». En partie, oui, c’est vrai, c’est cela. D’un autre côté, dans les prochains mois je vais également réaliser mon deuxième long métrage. Il y a 10 ans, la définition d’un « film » était claire. Aujourd’hui, avec tous les médiums de diffusion, les types de financement et les moyens pour y arriver, comment réellement définir ce qu’on fait? La 2e saison de Temps Mort est maintenant disponible sur Illico Sur Demande en format long métrage. Est-ce un film? J’ose croire que oui. La manière dont nous tournons et réalisons ce projet est dans la même veine qu’au cinéma. C’est pourquoi lorsque je dis que « la machine est repartie », ça signifie également que j’ai du pain sur la planche et pas juste un peu. Les prochains mois seront très occupés, mais Ô combien stimulants.

J’ai l’impression que nous avons sous les mains un scénario de béton qui nous servira de base très solide. De là, il ne suffit que de se laisser submerger par l’histoire. On ne voit présentement que la pointe de l’iceberg…

À suivre… !

Un pilier de la politique vient de s’effondrer – Merci Jack!

Les nouvelles nous ébranlent souvent.

Elles nous ébranlent encore plus lorsqu’elles nous concernent moindrement.

J’ai été de ceux qui sont passé de bleu à orange aux dernières élections. Malgré ma position forte en faveur de la souveraineté, j’avais compris qu’au-delà de l’idéal d’un pays nommé Québec, il y avait des causes sociales que je jugeais plus importantes et un combat pour l’instant plus décisif, soit de stopper Stephen Harper. Vous me verrez défendre la langue contre tout et l’idée de travailler pour un Québec souverain, mais à ce moment-là de l’histoire, j’avais décidé d’ouvrir un parenthèse néo-démocrate. Et je ne le regrette pas. Comme la plupart de mes ami(e)s concerné(e)s par la politique, la vague orange du NPD représentait une façon de s’exprimer et de faire une différence. Au-delà de tout, je crois que je suis un gauchiste naturel qui croit davantage aux valeurs sociales et à un gouvernement du peuple pour le peuple. Comme beaucoup, j’aimais l’image publique de Jack Layton : un homme sympathique, rassembleur et avec derrière lui un programme pour aider la société. C’est presque utopique et d’une certaine façon, croire en quelque chose de meilleur fait du bien.

Voilà une semaine environ que je demandais à ma copine si c’était mauvais signe de n’avoir aucune nouvelles de M. Layton. Je crois que j’ai eu une réponse à mon questionnement. Ce qui me rend triste, mais qui me rend très heureux, c’est de savoir qu’il aura propulsé son équipe à un niveau jamais atteint auparavant et que malgré la maladie, il s’est battu pour ce qu’il jugeait de meilleur. Jusqu’à la fin, il aura pensé à son héritage et comment il pouvait influencer pour le mieux le monde en nous écrivant une dernière lettre particulièrement touchante.

Nous pouvions très bien ne pas être d’accord avec sa façon de voir les choses, il demeure que nous avions devant nous un combattant dévoué à sa cause et qu’il allait au front faire son job avec amour. En politique, des passionnés il y en a certes, mais des exemples , je les cherche encore.

Reste en paix Jack Layton, tu m’inspires beaucoup et tu m’as redonné le goût de changer le monde, et ça, il n’y a pas de prix.

Merci.

Jack Layton (1950-2011)