Projet-M récolte des honneurs…!

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Un prix Gémeaux pour Projet-M

C’est quelque part dans un bar à Stirling en Écosse que j’ai appris que Projet-M avait remporté le Gémeaux de la meilleure série. Moi qui s’attendait à visiblement le contraire, j’avoue avoir été agréablement surpris, voir un peu troublé. La pinte de Heineken s’est bu rapidement disons…

J’avais l’impression, qu’après le prix de 2012 pour Temps Mort, qu’il n’y en aurait pas d’autres et je vivais bien avec ça.

Et ça arrive, à nouveau et mon sourire est tout grand et mes yeux brillent de fierté. Une fierté que je ne peux garder pour moi, et qui ne fait du sens parce qu’elle est partagée par un ensemble de personnes qui ont vu dans ma mégalomanie un peu de sens.

Félicitation chères guerrières et chers guerriers qui m’ont suivi contre tornades et ouragans dans cette aventure digne de la route du mordor. J’ai souvent eu l’impression que Projet-M aurait pu ne jamais voir le jour ou bien que ça aurait été mon dernier. La vie a été tough et c’est avec honneur que je partage ce prix qui nous revient à toutes et tous.

J’en profiterais juste pour dire que j’aime d’un amour inconditionnel mon équipe et ma famille, MarcoMarioJulien, Toupin, MarcFélix et Roberto – ‘Pa, m’man et Priscillia Piccoli, vous êtes indispensables à ces projets de démesure et de folie. Je le répète, mais je le crois, je serais peut-être mort si je n’avais pas eu cette aide au fil de la route et ces astronautes seraient restés sur terre.

Dans Projet-M, on propose de grands thèmes et on espère inspirer, faire rêver, proposer des pistes vers le futur.

Sur cette terre écossaise qui s’apprête à décider du sort de son indépendance, j’espère que nous aussi, comme dans notre histoire de science-fiction, que notre peuple trouvera un jour l’audace de se donner les ailes d’y croire et de foncer, de le faire ce pays.

Avec amour, en direct d’Edimbourg.

- Henry Morrison

Suivre ses guts

Ça fait des mois que j’essaie d’organiser l’inorganisable (l’existence en général) par une vertu: suivre mes guts.

Car des fois, il suffit d’une fraction de secondes pour tout changer. Une porte qui s’ouvre, un téléphone qui sonne, une distraction quelconque. Tout peut basculer.

Parfois pour le pire.

Parfois pour le meilleur.

Le 26 juillet 2014 à 17h40-ish…, j’ai l’impression qu’à ce moment précis, quand j’ai décidé de fuir ce 5 à 7 interminable de Fantasia dans lequel je me sentais extraterrestre, tout a pris un autre sens, une autre dimension. Si je m’étais écouté ce matin-là et que je n’y étais pas allé pour vivre ce marché du film, si j’avais fuis avant que le cocktail commence ou si encore, par orgueil, j’étais resté jusqu’à la fin, ce moment magique ne serait jamais arrivé.

Ce moment où, dans un ascenseur de Concordia, j’ai fait une de ces rencontres uniques.

Suivre mes guts, hein?

Échos

J’ai crié.

J’ai crié haut et fort.

Contre moi. Contre toi. Contre tu, il, nous, vous, ils.

J’ai décidé de faire à ma tête et maintenant, tout ce qui me revient, ce sont les échos des mes cris que j’ai abandonnés. J’ai des détails laissés derrière, ou encore des gestes posés qu’on assume plus ou moins et dont on a pas réussi à expliquer tout à fait. La poussière retombe sur les meubles témoins du temps qui filent, et mes mots, mes excuses rebondissent dans le vide comme l’écho dans un manoir abandonné, celui de la honte.

Tu as brassé beaucoup de choses, pour le meilleur, et parfois pour le pire. Tu as trahi, de nombreuses fois, tu pensais avoir appris. Tu as promis et tu as brisé des confiances. Les explications sont toujours futiles, même si elles sont toujours évocatrices d’une situation complexe.

Il apprend à vivre, à se refaire, à se reconstruire, mais elle, elle a déjà sa fondation, déjà un parcours. Il, malgré les faits, a toujours dit ce qu’il ressentait au plus profond de lui-même, parce qu’il est capable d’aller au plus profond de la grotte pour en sortir ce qui brille le plus. Il est aussi, malheureusement, capable d’éteindre la lumière qui guide pour sombrer dans ce qui étourdit, ce qui étouffe, ce qui blesse.

Nous voulions aller aux étoiles, les décrocher, les ramener avec nous et les partager sur ce balcon qui a été un tendre endroit d’échanges, de rires et de sushis. Nous n’étions simplement pas au même endroit au même moment. Nous souhaitions êtres synchronisés, mais au fil du temps, nous ne sprintions pas à la même intensité.

Vous avez assisté, vous avez supposé, vous vous êtes fait une idée, sommaire somme toute. Vous avez été témoins, souvent confidents. Confidents de moments, de malaises, de mensonges, de bonheurs et d’authenticité. Vous saviez que c’était peut-être possible, peut-être impossible et vous avez assisté, dans la neutralité qui vous était demandée.

Ils se sont perdus en cours de route, ils se sont aimés, malgré les trahisons, les promesses, les attentes, les litres de larmes. Ils se sont aimés, ils s’aiment forcément encore, malgré tout, un peu. Car c’est ainsi. Et ce qui a été fait n’enlève en rien à ce qui est arrivé. Elle a crié. Elle a crié fort car mes échos lui sont revenus. Car tout ce qui me reste, ce sont ces sons qui me rappellent qui j’étais il n’y a pas si longtemps dans les faits, mais dans ma perception du temps, me semble il y a des milliers d’années.

J’espère un jour, que tu pardonneras ces échos d’une autre personne qui te blessent, t’écorchent et t’anéantissent, encore.

Cher toi, mon esti.

C’est toujours en voiture, fixant l’horizon devant moi que le besoin vital et viscéral d’écrire me prend. Comme une soudaine envie de boire un grand verre de lait au chocolat. Mais, j’arrive toujours à mon clavier plus tard, et il n’y a plus de lait dans l’frigo (misère). L’inspiration n’est plus la même et je cherche toujours l’appât efficace pour la capturer à nouveau, mais comme de fait, c’est une bête rusée…

Tu m’excuseras donc si la fougue n’a pas la même force de frappe que dans ma tête. Jadis, le coup de poing aurait été tâché le rouge sur fond beige au lieu de noir sur blanc… Mais j’ai choisi d’écrire car aucun coup de poing ne peut blesser comme je le souhaiterais. Ouais, j’ai changé.

Cher toi, mon *esti,

*tu te reconnaitras, je voulais juste te prévenir, t’sais. 

Il y a longtemps que nous avons été présenté. Bien avant qu’on devienne amis parce qu’on partage la même opinion politique. Bien avant qu’on se doive de prendre une bonne cuite pour bien se connaitre. Bien avant tellement de choses. On faisait avec c’que la vie nous avons mis dans les pattes. Les qualités, comme les défauts. Pis le temps a passé, beaucoup de 12 mois quand on y pense et alors que peu peuvent se vanter d’avoir encore des amis de l’école secondaire, nous, nous pouvions le crier bien fort.

J’ai des centaines de défauts (tul’sais trop bien…), et sûrement des milliers en fait. J’en découvre toujours. L’un d’eux est de prendre des relations pour acquises. Conséquemment, je néglige les personnes (les plus) importantes. Sans m’en rendre compte, je peux leur manquer de respect de façon subtile, mais qui brûle droit au coeur. Je l’ai appris. À mes dépends. J’apprends. J’essaie de m’améliorer. De faire attention. Mais je me suis planté (royalement) à quelques reprises. Je m’en excuse tant.

Mais j’ai aussi, paradoxalement, la force immense d’aimer les gens et de leur montrer. De répondre à un appel 24 heures sur 24 ou encore, être celui qui osera te dire ce qui doit être dit, au risque de te monter contre lui. Car un vrai chum, c’est celui qui saura prendre les coups qui valent la peine, qui saura te donner les armes pour te détruire et te bâtir, et te montrer le miroir sans concession qui te revient pour mieux te voir. C’est aussi moi ça.

Pis tsé, j’attends la même chose en retour.

Toi. Au moment de ma vie où je suis tombé par mes fautes de mon cheval si beau, tu m’as fait croire que tu m’aiderais à remonter. Naïvement, je t’ai cru. Car cette fois-ci, ce n’était pas toi dans le pétrin, c’était moi. Et à mes souvenirs, ce n’était jamais arrivé que je te tends la main dans l’autre sens, soit en recherche d’aide. Alors que j’apprenais pourquoi j’étais tombé et que, acquérant une confiance nécessaire, j’avais décidé de me relever tout seul, sachant très bien que ma cheville pourrait briser à nouveau, tu m’encourageais à m’en sortir. À y croire. J’y ai cru.

Et tu as été le plus vicieux des serpents.

Avec un grand sourire, tu m’as (ré)écrasé la cheville blessée. Titubant, tu m’as repoussé au sol en empoignant mon épée et mon bouclier. Étoilé de misère au sol et gémissant de douleur et de larmes, tu enfilais mon armure. Et alors que je te demandais une explication, tu as monté mon cheval et tu es parti, loin à l’horizon vers ce qui était, jadis, mon royaume.

Et tu l’as pris mon royaume. Combien de fois m’avais-tu dit en riant que tu aimerais tant être à ma place. Je te rappelais pourtant souvent tous les sacrifices que j’avais fait pour en arriver là. Tu comprenais. Je supposais. Je t’offrais mes secrets. Je te proposais de t’en faire un royaume. Que je t’aiderais à le bâtir avec plaisir la journée que tu aurais les plans. Mais comme tout bras-droit-jaloux, opportuniste et paresseux, tu attendais simplement le bon moment. Le moment de me voler… non, pire, de me remplacer.

Dans cette histoire, tu es le Scar du Roi Lion.

Pis son histoire ne fini pas très bien, tu te rappelles (tu l’avais sûrement en VHS).

Et détrompe toi mon cher esti, ceci (ce texte si tu en saisi moindrement le sens) n’est pas une menace de mort dans la même veine que le dessin animé cité plus haut, c’est un coup de poin(t)g de mots. Puisse celui-ci te trouver et te briser cette mâchoire qui te sert à sourire comme un imbécile rit de sa flatulence lorsqu’ennuyé (ce qui doit t’arriver souvent).

Je paie encore pour mes tords. Mon cheval, je l’ai mal traité et je l’ai perdu, tout comme ce royaume dans lequel tu sièges comme un imposteur avec ses gens qui ne croient que ta version de faits. Celles et ceux qui nient même mon existence et qui admire tellement ta belle joie de vivre d’innocent. Tu sais, mes blessures ne cicatrisent pas comme je le voudrais, mais j’ai l’impression que de comprendre mes erreurs lors des derniers combats accélère le processus. Un brin au moins. J’espère simplement qu’un jour, tu trouveras l’intelligence qu’un adulte de 28 ans devrait posséder pour comprendre les tiennes également.

Mon seul souhait demeure que ta blessure qui te défigure te marque si salement le visage à tout jamais que jamais plus tu oseras répéter ce qui, même écrit, ne se croit pas et ne s’explique encore moins. Que dans le reflet de verre de vin rouge que tu bois à table du grand V tu puisses voir ton vrai visage rouge de honte.

Aucunement amicalement, 

Pico.

Projet-M récolte 3 nominations aux Pris Gémeaux 2014!

Il semblerait que la vague commence pour Projet-M qui continue de rayonner en récoltant 3 nominations aux prochains Prix Gémeaux 2014!

– Meilleure série originale
– Meilleure interprétation pour Jean-Nicolas Verreault
– Meilleure interprétation pour Julien Deschamps Jolin

http://www.acct.ca/prixgemeaux/finalistes/medias-numeriques/

Bravo à toute l’équipe!

L'équipe de Projet-M

Une image vaut mille sacres

Tapez Wawa dans Google Maps. Faites le chemin depuis quelque part au Manitoba (royaume du nothingness), ajoutez à la recette une bonne dose de fatigue et une série d’ingrédients désagréables un peu trop épicés qui se font un plaisir de pousser sur la porte de l’impatience et observez-là… Un moment donner, a cède t’sais… Surtout après un ticket de 140$ et 4 heures de recherches pour un mautadit Tim Hortons dans lequel on trouve aucune prise pour brancher quoiquecesoit

mais maudit que ça fait du bien.

14juin2014

Histoires de routes : le Montana

Les oeufs flottent dans le gras de patates dans une assiette où peux-tu importe ce que tu manges, tout goûtera la même chose. Refill de café à l’infini. Thank You ‘sir!

Eddie's Corner7h am et déjà le tabasco dans la gorge. De quoi froisser n’importe quelles habitudes matinales.

Perdu au milieu du Montana, le Eddie’s Corner semble le rendez-vous local et l’endroit de passage de prédilection pour tous les cowboys du futurs : ceux (je dit pas celles car ça n’existe pas) qui chaussent un beau gros pickup. Le Corner (qu’on a trouvé par hasard en prenant une route non-conseillée-en-pleine-nuit) donne une idée des moeurs de l’état : les femmes servent tout ce qui se met dans la gueule et les hommes, généralement grisonnant et moustachus consomment pour mieux reprendre la route. Un endroit aussi familier qu’étrange. Un peu comme quand on rencontre de la famille élargie… on se reconnait, mais en même temps, on a l’impression de vivre sur une autre planète. Voyager dans les 50 micro-pays au sud du Québec donne sans arrêt ce sentiment là. On les trouve aussi inspirants que dégoûtants. On veut les blâmer pour tout, mais on aime aussi les admirer. Parlant des deux côtés de la médailles…

Comme hier, dans ce bar sans nom de 60 miles d’où j’écrit en ce moment. Ce lieu de rock ‘n roll en préfini-passé-date où les néons usés de différentes couleurs se battent pour donner un peu d’ambiance aux chevreuils exposés sur les murs, à la table de billard un peu trop neuve pour l’endroit, aux machines à sous encrassées, aux faux  »totons » accrochés au mur et finalement, à la clientèle de pseudo-cowboys avec quelques verres dans le nez, prêtes à reprendre leur cheval motorisé.

Où suis-je bordel?  On dirait la scène mythique d’un film états-unien dépeignant avec brio la tristesse de ses habitants.

– « Hi, I’m Jared » nous dit un homme bedonnant dans la mi-vingtaine. Originaire du Nebraska, il ne travaille pas. En fait il aide son père sur la ferme, mais ne touche aucun salaire.

– « Man, here, only 1 girl for 5 men. When I graduated from high school, there was only 2 of them. »

« … Yeah, must be tought » que je m’empresse de répondre.

Sirottant une MooseTrail, une bière locale de l’ouest de l’état et des chips à une saveur douteuse, on fait connaissance du mieux qu’on le peut. Je suis toujours intrigué de faire des rencontres mémorables… Ceux qui viennent du nord (Canada) passent toujours pour des gens gentils, brillants et qui comprennent tout de la vie en société (la définition même d’un canayen selon Jared). Sans vouloir cependant entrer dans un débat houleux de fin de soirée dans un bar où disparaitre serait trop facile, je ne peux pas passer sous le silence la piètre qualité du gouvernement con-servateur en ce moment.

Comme de fait, Jared s’empressions de nous contredire.

« Man, you’re fine. You understood everything. You’re not stuck with our fucking president… he’s gonna make this place a third-world country. Everything he touches is shit and turns into war. Look at Ukraine! »

[So far, so good je me dis. Avons-nous ici un bonhomme politisé? Il a bien dit Ukraine? Il est à jour. Surprenant… ]

Il commande un autre whisky and coke.

– « It’s gonna be just like Irak. A no-point war. I lost a lot of friends. Most of them we’re good people with families. They died for nothing. It was pointless. »

« Yeah, absolutely. »

Il prend une grosse gorgée et continue :

« Why go to war when you can just NUKE the damn country? Let’s pour napalm everywhere and that’s it. Nobody left to fight. We can take the oil. Why fight? They deserve to die. They’re fucking animals. Just give them guns already so they can kill each other before we come. »

« … yeah. » [soupire]

Jared termine son drink, en commande un autre pour la route avec un paquet de cigarettes de chameau.

Le bar ferme et on prend la route en pleine nuit sachant maintenant que tous les véhicules sur cette route déserte qu’on croisera cachent peut-être un conducteur frustré, mal-éduqué et visiblement trop saoûl pour conduire son cheval motorisé nommé Chevrolet.

Bienvenue au Montana les amis… Stay alive.

Note : Visiblement le meilleur moyen de s’inspirer quand tu écris un roadmovie…

Bar louche du Montana Bar louche du Montana

En escale…

Sous d’immenses flocons de neige et une nuit qui ne cherchait jamais à se terminer, elle et il se sont permis une parenthèse, un temps mort. Le passé et le futur n’avaient plus de raison d’être, aucun sens pouvait en jaillir désormais. Entre eux, aucun offsync.

La neige a figé dans l’espace et le soleil ne s’est pas montré le nez. Ses cheveux dorés  brillaient sous la lumière orangée des lampadaires et ses yeux d’un bleu azur d’océan qui rappellent la liberté le fixait au point de rendre jaloux tous les êtres de ce monde. Elle s’appelait blondie.

Mais au fil des semaines, le temps ne se comptait plus en secondes, mais en passions. Et c’est au bord de la montagne, dont le sommet n’est pas visible, qu’on croit toujours être capable de remuer tout sur notre passage et de se trouver une force inexistante jusqu’à présent. Tout est possible, quand on y croit. Mais pas toujours.  Des fois. C’est de la folie. Au fil que l’escalade se vivait et que les roches déferlaient derrière sur quiconque osait suivre, le temps ne se comptait plus en secondes, ni en semaines; il s’endurait. Pour le pire et le meilleur. Leur rencontre l’avait [le temps] arrêté, et tout ce qu’ils leur restaient à faire, c’était de prolonger cette fin du monde, d’un monde qu’ils avaient volé par amour, par passion, mais pas maladresse.

Mais Tout bouge, Tout progresse. On ne peut empêcher la marée de revenir et les étoiles de briller, sauf dans les films. À un moment donné, il faudrait repartir la montre et comprendre que ce moment d’escale entre deux vols, celui qu’on sait qu’inévitablement devra s’envoler à nouveau veut-veut-pas, ne durera pas éternellement. Et cela peu importe le nombre de jetaimes et de serrages de mains qu’on additionne. Des fois, triste est de réaliser que l’amour ne suffit pas.

Certaines choses durent, d’autres passent, d’autres reviennent, d’autres évoluent et on essaie de pardonner à la vie, notre parcours, qu’on juge souvent trop injuste. Facque, au lieu de dire Adieu, j’aime mieux dire à la prochaine. 

Mais hé, life’s a bitch. Get over it.

– Le Brun

https://www.youtube.com/watch?v=XR-Y9iWZurI

Transistors

Tu sais, malgré le beau soleil qui frappe Montréal de bonheur et de Xavier Dolan qui vient de remporter le prix du Jury à Cannes, j’ai mon down aujourd’hui. J’essaie, j’essaie et j’essaie, en vain, de garder la tête haute, de me dire que ça va aller. Mais t’sais, y a rien de plus effrayant que de regarder devant et ne rien voir. Les deux pieds sur bord du récif à s’imaginer qu’il y a peut-être un pont imaginaire comme dans Indiana Jones… Le sentiment de tout perdre. D’avoir tout perdu, d’avoir tout à perdre. Se répéter que notre vie ne fait aucun sens.

En réalité, elle ne fait aucun sens, on lui donne un sens.

Capitaine de notre propre bateau à la dérive, on choisi à l’aveuglette quel cap et on rame en espérant que la prochaine île soit meilleure que la précédente. On se donne de nouveaux buts car ça bâti notre monde, et quand on s’en éloigne d’eux, on les remet en question à chaque micro-seconde qui passe. On fige comme un chevreuil qui fixe les feux d’un SUV qui s’envient vers lui, et on a le goût de lâcher, de prendre le coup en plein gueule. À croire qu’on se sent bien à bout de souffle, le pied sur le bord du gouffre et l’autre qui devine ce qui s’en vient.

Puis arrive un sketch de François Pérusse où ça parle de clémentines ou encore une toune des Trois Accords qui te parle d’une nuit de la poésie… et j’arrête de brouiller du noir, car le noir, tout comme l’extrême blanc, ça m’empêche d’avancer quand il prend le dessus. La route de nos vies est un ensemble de différentes teintes.

C’est correct d’être triste, d’avoir peur, de pleurer sa shot dans sa douche, dans le métro, dans son lit, dans le parc en voyant une famille heureuse. C’est ce qui fait qu’on aime, qu’on se permet de ressentir des choses, d’aimer. Quand on s’aventure quelque part, il faut tenir compte qu’on risque d’avoir mal, d’être surpris, d’avoir le goût d’abandonner. Il n’y a pas de routes parfaites et c’est ce qui nourrit l’expérience de la vie. C’est pour ça que les plus beaux voyages ne sont pas ceux d’une carte postale ou d’un deux semaines dans le sud à Pouertâ-machin-chouette, mais bien ceux qui, après 4 jours sur la route, nous font faire une crise d’angoisse tellement on a le goût d’être dans nos affaires avec nos repères. Ce moment quand tu entres dans le Jardin du Luxembourg à Paris avec Into Giants de Pat Watson dans les oreilles, les yeux qui brûlent de chaudes larmes à te demander ce que tu fouts exactement à flamber autant d’argent pour être triste à l’étranger. Mais je vie. Hein. Je vie. Je sors de ma zone de confort, là où la magie [apparemment] arrive. Hashtag de proverbe…

Ça demande du courage de l’accepter et du caractère. Ceux qui survivent, ce sont ceux qui après avoir pleuré leur shot, se relève pis se disent : « Allez, who’s next motherfucker? ».

L’arrogance de ne pas s’en laisser imposer, surtout pas par notre coeur, par nos peurs. Tu sais ces peurs qui te font croire que la vie est contre toi et que les plus belles années sont derrières. Que la vie est un fleuve de marde qu’on traverse la bouche ouverte [tiré de Sébastien Decelles, un ami du secondaire qui aimait la belle prose fécale]. Moi je dis, Fuck off petite voix manipulatrice.

Allez, relève toi, sois fière, sois fier, et dis toi que chacun a sa route. Tant mieux si elle ne ressemble pas à celles des autres, sinon tu aurais aucune excuse de t’être perdu.

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